Les trois types de personnes, ou : « Ce mec est-il vraiment gentil ? »

Hello friends ! Cela fait bien longtemps que je n’ai pas écrit ici. Du coup c’est maintenant le moment de vous réveler mon secret : j’écris en général quand je suis soit très triste, soit très en colère, car c’est ma manière de cathartiser. Et ces deux dernières années ont été très bonnes pour moi, j’ai donc relaché la plume.

Cependant, je me retrouve régulièrement à expliquer une théorie personnelle qui intéresse beaucoup autour de moi. Je pense que la connaître permet de mieux cerner autrui et surtout de prendre de meilleures décisions. Et elle s’explique très facilement. Je reprend donc le clavier et je me lance ici.

Pour parler un peu de comment j’en suis arrivé à former cette théorie, je rappelle quelque chose que mes lecteurs réguliers (si ils traînent toujours dans le coin) savent déjà : je reviens de loin.

J’ai été élevé dans une famille religieuse d’extrême droite, et j’ai dû entre mes 16 et 26 ans, évoluer pour me construire sur un modèle différent. J’ai fait de mon mieux et j’en suis fier, même s’il est des passages que je préfèrerais oublier. Aujourd’hui je suis heureux et en paix, mais le chemin n’aura pas été de tout repos.

J’en suis venu, en analysant mon évolution, à la découper en trois étapes distinctes. Bien qu’elles représentent des étapes chronologiques, on peut également les utiliser pour catégoriser les gens autour de nous, afin de savoir à quoi s’en tenir avec eux. En effet, avancer est difficile, et très peu de gens le feront effectivement. Pour ceux qui le feront, cela prendra en général des années. Même si je reconnais que changer est possible (et j’en suis la preuve vivante), il est utile de reconnaître qui appartient à quelle catégorie au moment présent.

Sans plus tarder, la première catégorie :

Type 1 : Le faux gentil, trop gentil, ou « gentil faible »

Le Fédora, arme du nice guy

Avez vous déjà rencontré quelqu’un qui ne pouvait jamais dire « non » à quelque demande que ce soit ? J’imagine que oui.

Ou alors, avez-vous déjà rencontré un homme se définissant « Gentil » et se lamentant au passage qu’aucune femme ne voulait coucher avec lui ? Un de ces « Nice Guys » si célèbres ?

Ou bien ce mec mielleux au boulot, qui essaie d’obtenir les faveurs du patron ?

Le faux gentil, c’est le gentil qui essaie de plaire à autrui. Que ce soit par manque de confiance en soi, par peur (de la solitude, des répercussions sociales…), par intention d’obtenir quelque chose en retour, ou milles et unes raisons, le faux gentil c’est celui qui n’a pas le choix d’être gentil.

On peut argumenter qu’un acte de gentillesse a de la valeur uniquement s’il respecte deux facteurs :

1/ La volonté, l’intention derrière l’acte, d’être une personne éthique par morale personnelle, ou de faire un don désintéréssé, par pur altruisme. Si j’offre un cadeau pour amener quelqu’un de mon coté, ce n’est pas de la gentillesse mais du simple bizness.

2/ La possibilité de faire le choix contraire. Si je force quelqu’un à me donner son argent en le menaçant d’une arme, cela ne fait pas de la personne un « donateur généreux ». Si, de mon coté, je ne peux pas dire non quand quelqu’un me demande un service, alors mon « oui » n’est pas non plus fruit de gentillesse. Bien sûr dans la pratique les gens ne diront en général pas « non » à cause d’une menace directe à leur égard, mais plutôt à cause d’une forme de faiblesse personnelle, ou d’une incapacité à affronter le conflit, ou bien à communiquer efficacement, à s’affirmer, ect.

Il est donc, à mon sens, impossible d’être une personne « vraiment gentille », si l’on est incapable de pouvoir être une personne non-gentille.

La personne de Type 1 pense, en général, qu’étant gentil, il (ou parfois elle) obtiendra des choses en retour (de dieu, de l’univers, de la société, de son crush amoureux). Ce qui est d’ailleurs dans la plupart des cas faux.

Parfois, il finit par se dire que franchement, c’est n’importe quoi, que dans la vie en fait, les connards finissent toujours premier. Ou alors il le pensait déjà mais il trouve enfin la force de s’affirmer. Il se transforme alors en Type 2.

Type 2 : Le Trou-du-cul

Les Types 2 sont simplement ces gens qui ont décidé d’être des trou-du-culs. Ils ne se soucient pas de leur éthique. Ils pensent souvent que la vie est une jungle, et ils font donc de leur mieux pour tirer leur épingle du jeu.

Puisque la société est effectivement violente, le trou-du-cul sera violent. Puisque la société récompense la domination, les marqueurs de statut social, le manque d’éthique, il s’appropriera tout ça. Puisque les connards finissent premier, il sera, en somme, un connard.

Vous avez déjà rencontré un pervers narcissique ? Ce sont les summums de cet archétype. Mais pas besoin d’aller jusque là : des gens qui assument leur connardise, on en trouve à tout les coins de rue.

D’ailleurs, et c’est pas pour faire mon islamogauchiste, mais les courants politiques de droite sont souvent basés sur une vision inhumaine de la société, puisqu’elles considèrent que la nature humaine est cupide (d’où le capitalisme), feignante (d’où pas-d’aides-sociales), que la domination des uns sur les autres est inéxorable et inévitable (d’où vouloir protéger le statut des riches, tant pis pour l’égalité). Le sexisme, le racisme, les inégalités ? La nature humaine, que tout cela. Impossible de la changer.

Les gens de droite sont souvent des connards, je pense qu’on peut le dire, bien qu’on ait notre lot à gauche aussi.

Je ne crois pas qu’on puisse penser être une bonne personne quand on est convaincu que la société est une jungle et qu’il faut bouffer autrui pour survivre. Le seul mec que j’ai rencontré qui se disait « gentil même s’il ferait mieux d’être méchant » n’avait vraiment rien d’un gentil.

Mais parfois, rarement, très rarement même, une chose merveilleuse se produit.

Un de ces connards réalise que, peut-être, juste peut-être, il n’a pas à être un connard dans la vie. Que penser que les connards finissent premier, c’est une belle connerie. Que peut-être l’homme peut s’élever au dessus du statut de bête immonde qui ne peut subsister que sur la chair de son prochain. Et il transitionne doucement dans la dernière catégorie.

Type 3 : Le vrai gentil.

Good Guy Greg

Le vrai gentil, c’est tout simplement celui qui est gentil parce qu’il aime être gentil. Parce que ça lui fait se sentir bien. Parce qu’il est prêt à être une personne éthique, juste par pure morale personnelle. Parce qu’il sait que cela ne l’avancera pas forcément dans la vie, mais cela ne le fera pas reculer non plus, et au final c’est pas ça l’important, l’important c’est d’être gentil parce que c’est juste la bonne chose à faire.

Arriver à ce niveau demande une certaine maturité. et beaucoup de gens restent coincés dans les deux premières catégories. Certains chanceux arrivent à ce niveau avant d’avoir dix ans, ceux qui ont les parents les plus doués pour leur apprendre à vivre. Mais beaucoup ne l’atteindront jamais.

C’est le seul niveau qui peut prétendre pratiquer une gentillesse pure, désintéréssée et altruiste. Beaucoup de gens pensent même que ces personnes n’existent pas ! Ils sont nombreux, les connards qui affirment en permanence qu’il est impossible d’être gentil juste because. Que c’est forcément de l’hypocrisie, du virtue signalling, que la personne attend quelque chose en retour.

Quelles conclusions en tirer ?

La meilleure conclusion que vous pouvez tirer de cet article :

Évitez comme la peste les catégories 1 et 2.

Autant les Types 2, c’est facile de comprendre pourquoi les éviter : avoir des connards dans sa vie, c’est ostensiblement une mauvaise idée.

Pourquoi éviter la première catégorie par contre ? Tout simplement parce que vous ne voulez pas être aux alentours d’une personne qui force sa gentillesse par faiblesse. Déjà parce que cette gentillesse qui n’en est pas n’a aucune valeur, mais aussi parce que cette personne risque, d’un moment à l’autre, d’évoluer vers la seconde catégorie.

Imaginez ceci : vous sortez avec un homme, ou une femme, qui semblent gentils à première vue. Mais des détails vous font tiquer, tout au long de la relation… Le doute s’installe en vous, mais la relation fonctionne donc à priori pas de raison de rompre.

Imaginiez que vous apportiez à cette personne tellement de bonnes choses, qu’elle trouve au final la force de s’affirmer, de prendre ce dont elle rêvait tout ce temps, bref elle arrive à évoluer vers le deuxième niveau. Félicitation, vous sortez maintenant avec un.e abuseur.e.

Ce n’est pas de votre faute, vous ne pouviez pas savoir au début que cette personne avait ça en elle.

C’est ce scénario que j’ai vu tellement de fois, quand une amie me dit : « Il a changé du tout au tout au milieu de la relation ». C’est toujours le même scénario, un Type 1 qui devient Type 2. J’en suis tombé victime moi aussi, par ailleurs.

Au final, la vie est trop courte pour s’encombrer de ce genre de personne. Vous méritez une gentillesse envers vous, authentique et désintéréssée. Vous méritez que vos amis et amoureux.ses vous traitent bien, du fond de leur coeur, parce que ce sont de bonnes personnes. Aucune autre raison, aucun autre scénario n’est bon pour vous.

Si vous fréquentez des Types 1 ou 2, vous valez simplement mieux que cela.

Et si vous me lisez, et que vous vous reconnaissez à tord ou à raison dans une de ces catégories : Courage ! Changer est difficile, mais possible. Vous aussi vous valez mieux que ça.

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