Courrier des lecteurs : Polyamour hiérarchisé

Hello Zerh.  […] Je me rends compte qu’avec mon compagnon, nous sommes en train d’expérimenter le polyamour hiérarchisé. T’en penses quoi?
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Le polyamour hierarchisé, c’est pas ma tasse de thé parce que justement y’a une hiérarchie dedans, donc sur le principe ça ne me conviendrait pas personnellement, bien que ça puisse évidemment convenir à d’autres personnes. Il y a certains avantages au polyamour hiérarchisé : on a une formule à base monogame avec des bouts de polyamour dedans, et donc certains avantages des deux mondes. Mais en contrepartie, ça rajoute des dangers qu’il n’y a ni dans la monogamie ni dans des formes moins hiérarchisées de polyamour (comme l’anarchie relationnelle). Je vais tenter de détailler ça. [NB : cette question ayant été posé par une femme hétérosexuelle, je vais genrer ma réponse en ce sens]
Un bref rappel : on définit le polyamour hiérarchisée comme un mode relationel où il existe une relation « primaire » et une ou plusieurs relations « secondaires ». La primaire, comme son nom l’indique, occupe une place plus importante que les secondaires.

Pour que le polyamour hiérarchisé fonctionne, il faut se poser les bonnes questions, sur la distinction qu’on fera entre primaire et secondaire. Quelles seront les limitations de la relation secondaire par rapport à la relation primaire ? Comment vas-t-on les différencier ? Que se passe-t-il si pendant une semaine j’ai davantage envie de voir mon secondaire que mon primaire ? Etc, etc.
Ce dernier point est d’ailleurs d’autant plus important à éclaircir que les premiers temps avec un « secondaire » sont souvent teintés de la délicieuse NRE (New Relationship Energy : la passion des premiers mois avec une nouvelle personne) qui peuvent entraîner à délaisser plus ou moins la relation primaire.
En bref, si on veut faire du polyamour hiérarchique, la hiérarchie doit être claire pour tout le monde (et en particulier avec le secondaire. Communication, Communication, etc).

J’en viens au point le plus problématique. Le danger principal n’est pas ici pour le couple, mais il est pour le secondaire. Comme son « titre » l’indique, il passe en deuxième, et cela peut poser des problèmes. D’ailleurs il n’est pas impossible que tu sois »sa primaire » à lui. Il est important qu’il sache exactement à quoi s’en tenir. Parce qu’avec ton compagnon vous aurez des privilèges de couple que vos secondaires éventuels n’auront pas.

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Voici une image qui explique bien le problème : jusqu’à quel point le secondaire est-il secondaire dans ton coeur ? Aura-t-il droit de rencontrer ta famille ? De partir en vacances avec toi ? Cette relation sera-t-elle assumée en public ou gardée secrète ? Que se passe-t-il si ton primaire décide tout d’un coup qu’il est jaloux et te demande de rompre ? La situation est au final très dangereuse pour cette personne. Ca demande beaucoup de courage (ou de naïveté) pour être un secondaire. Aujourd’hui, je refuserais totalement de reprendre le rôle du secondaire (ça s’est JAMAIS bien finit pour moi).

Aux Etats-unis, où le polyamour commence a se démocratiser (et donc à se normaliser), c’est le modèle « Mon mari/épouse + mon boyfriend/ma copine » qui prédomine. J’ai déjà entendu des gens dire que « si le mari se sent menacé alors il faut quitter le copain, s’il vous aime il comprendra ». Possible qu’il comprenne, mais s’il vous aime il aura justement le coeur brisé. Je ne suis pas d’accord avec cette légèreté avec laquelle certains individus disposent du secondaire dès qu’il « prend trop de place ».

Il faut faire particulièrement attention à cela surtout quand on est en « phase de test » du polyamour hierarchisé. Parce que si le test échoue ça sera probablement au final le secondaire qui finira bléssé.
En conclusion, je dirais qu’il est primordial de s’assurer que tout le monde connaisse sa place, et d’être clair sur ce qu’il risque d’arriver. De cette façon, le moins possible de souffrance sera générée en cas d’échec. Et évidemment, faire attention à ne jamais déshumaniser le secondaire, mais se rapeller que ses sentiments sont toujours à prendre en compte dans l’équation. Ça parait évident, mais je t’assure que sur le moment on peut vite avoir tendance à l’oublier.

Une question ? Vous pouvez la poser sur Ask ou à zerh@pimentduchaos.fr

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