L’essence d’une personnalité, ou ce que signifie « Piment du Chaos »

Curieusement, une seule personne jusqu’ici m’a posé la question. « Pourquoi Piment du Chaos, comme titre de blog ? »

Pour être franc, je n’ai pas mis longtemps à le trouver, ce nom. J’étais déjà en train de monter le site quand j’ai réalisé qu’il me fallait un titre. En cinq minutes c’était décidé. Parfois, la première inspiration est la bonne.

Quand j’ai voulu publier, je suis parti avec un seul objectif : apporter ma petite contribution à l’Internet. Juste une petite pierre, quelque part dans ce grand monument à la connaissance humaine. La condition unique étant que cette pierre, elle devrait être différente des autres. Elle viendrait de moi, elle aurait mon goût, mon odeur. Elle serait empreinte de l’essence de ma personnalité, d’une empreinte la plus authentique possible.

Je pose ma brique.

C’est quoi l’essence d’une personnalité ?

Dans mon paradigme, je visualise tout les humains comme porteurs d’une étincelle divine, infiniment belle ; une étincelle qu’il suffit d’apercevoir pour se mettre à aimer la personne.

Toujours plus ou moins cachée, difficile de la voir, parce que difficile de la montrer, dans une société où l’individualité est mal vue. « Rentre dans le rang et cache ton essence, petite lumière, parce que tu n’es pas digne de voir le jour ». Ils te disent que tu n’es pas belle, que tu devrais être différente de toi même et ressembler à autre chose. Que la beauté c’est un modèle, un « autrui », qui existe peut-être, mais sans doute pas.

Mais c’est faux ; parce que qu’est ce que notre société sans les individus qui la composent ? Et ou est donc la beauté si elle n’est pas au cœur de ces individus ? La beauté c’est toi, c’est moi, c’est nous, quand on se retrouve nus, psychologiquement, physiquement ; nettoyés de toutes ces couches de crasses qu’on a accumulé au fur et à mesure de longues années de violences subies ou provoquées.

Hey baby, tu veux voir mon étincelle divine ?I love you from the inside

La connection à autrui ne résulte au final que de deux capacités : être capable de voir la beauté chez l’autre, et être capable de voir et d’exprimer la nôtre. C’est évidemment deux compétences très liées, puisque la beauté, comme dit l’adage, se trouve dans l’oeil de celui qui regarde. Bien sûr c’est plus facile à dire qu’à faire…

Quand j’évoque ma vie intérieure, je le fais souvent avec confiance et sérénité, parce que je sais qu‘il n’existe ni mensonge ni dissimulation qui ne surpasse en beauté la vérité d’une personne. Alors j’essaie de me montrer nu, autant que possible, d’ouvrir ma personnalité au monde. Ce n’est pas évident. C’est l’un de ces apprentissages d’une vie, souvent longs et difficiles, mais essentiels.

(C’est aussi pour ça que j’ai un compte ask. Vous pouvez me poser des questions!)

Voilà quel était mon but en ouvrant ce blog : réussir à faire passer ne serait-ce qu’un scintillement discret de ma personnalité. Scintillement qui a trouvé quelques reflets ailleurs, et j’en suis tellement heureux.

Alors, pourquoi « Piment du Chaos » ?

Cela est une référence à l’alimentation ayurvédique. Je pratique depuis plusieurs années le yoga, qui prône ce régime alimentaire. Le yoga, c’est plus que quelques étirements et quelques exercices de respiration : pour certaines personnes, c’est un mode de vie.

Un des aspects du mode de vie du yogi tiens au régime alimentaire. Les aliments sont classés en trois catégories : Vie, Chaos, et Mort.

La Vie, ce sont les aliments qui apportent l’énergie, la vitalité. Les crudités, le jus d’orange, les petits déjeuner équilibrés, comme ceux affichés derrière les paquets de céréales. Une diète équilibrée et saine. Manger en quantité juste et savourer sa nourriture.

Tu es tellement hilarante, salade.
C’est connu, la salade fait rire les femmes

La Mort, ce sont les aliments qui enlèvent l’énergie. La viande, les produits trop gras, les féculents, l’alcool. C’est trop manger. C’est ce repas lourd qu’on fait à midi et qui nous oblige à faire une sieste en journée, ou ce diner qu‘on digère mal parce qu’on a trop forcé.

Bonne chance pour bouger après avoir mangé ça.

Entre les deux, le chaos.

Le Chaos, c’est les épices. Tout ce qui excite le palais, et le reste. Les aliments aphrodisiaques. Le gingembre. Ce qui est fort, puissant. C’est manger trop vite. C‘est ce qui nourrit le feu en nous, ce qui nous fait balancer entre développement personnel et auto-destruction. C’est certaines drogues. C’est ce qui nous fait monter très haut, finir très bas, encore et encore et encore. C’est le piment qui nous nourrit en nous brûlant la langue, qui nous fait pleurer et nous incite pourtant à continuer de le consommer.

Love is a burning thing, and it makes a fiery ring

J’ai essayé, longtemps, de contrôler ma vie et mon alimentation. Je cherchais la vie. Je me forçais à consommer des aliments de vie, à éliminer les extrêmes de mon alimentation. A vivre les mêmes journées, pratiquer les mêmes rituels tout les jours. A trouver l’équilibre. A atteindre cette plénitude zen qui serait l’apanage des sages. J’essayais, je n’y arrivais pas. Toujours, je revenais au piment, je me remettais à manger trop vite, je recommençais à balancer entre les extrêmes. Chassez le naturel, il revient au Chaos

Et puis, j’ai décidé que je faisais fausse route. Que ce désordre faisait parti de mon essence, et avait sa place. J’ai compris que c’était mon feu intérieur, celui que je cherchais à étouffer, qui me nourrissait. Que j’étais lui et qu’il était moi, et que nous étions indissociables. Que c’était mon plus grand ami et mon pire ennemi, celui qui me tiens éveillé le soir, parfois toute la nuit. Celui qui me pousse à écrire, à jouer, à découvrir. Alors j’ai jeté ma vie dans le feu pour le nourrir. Certains sont heureux dans la vie, d’autres se complaisent dans la mort. J’ai choisi les deux.

Je cherchais à me construire proprement : je me suis construit salement. Je cherchais l’équilibre stable : j’ai trouvé l’équilibre instable. J’ai toujours dit que je préferais une vie intéressante à une vie heureuse : Je me laisse doucement consommer par ma flamme, et j’y trouve une forme de bonheur. Je brûle comme un feu de joie.

Voilà pourquoi Piment du Chaos : parce que c’est ce feu qui caractérise ma personne, que je veux mettre à nu et laisser danser sous vos yeux.

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