Antidépresseurs

Je considère ce petit comprimé blanc devant mes yeux.

Je l’ai poussée hors du compartiment stérile où il attendait patiemment avec ses camarades. J’ai déjà un verre de jus d’orange a côté de moi, servi spécialement pour faire passer le remède.

J’ai collé le médicament contre mes lèvres, et puis j’ai eu un moment d’hésitation. Quelques secondes passent, où mon cerveau tourne à pleine allure, je recalcule encore une fois le pour et le contre, deux voix s’affrontent à nouveau. Je pose le comprimé à coté de mon clavier. Je me repose cette question, la même qu’hier et qu’avant hier : Je le prends ou pas ?

Et la première voix dit : Pour, ça t’aide à te sentir bien.

Et la deuxième lui répond : Contre, ça détruit complètement ma libido.

Pour : tes crises de panique ont aussi disparu.

Contre : un ami m’a décrit les effets secondaires qui allaient continuer à survenir. Les nausées ont stoppé, comme prévu. Il m’a prévenu que vers le dixième/quinzième jour, je tournerais maniaque. Ce matin, au supermarché, je me suis surpris à empiler mes courses sur le tapis, à la caisse, de manière à former un cube le plus parfait possible. Jusqu’à quel point ce produit me fait-il changer ?

Pour : De la rigueur et du maniaque, c’est justement ce qu’il te manque au travail. Et tu sais très bien que tu es plus productif avec ce produit. Le bonheur chimique t’aide à abattre ton boulot.

Contre : Prendre des antidépresseurs pour réussir à travailler, ça va complètement à l’encontre de ma philosophie de vie.

Pour : Tu t’es déjà donnée une date d’arrêt, elle n’est pas encore arrivée, écoute ton médecin. Le travail s’arrêtera, le stress partira, prend ton médicament.

Pour : ça t’aide à te sentir bien.

Pour : ça t’aide à te sentir bien.

J’ai lancé mon traitement de texte, j’ai écrit tout ça. Le comprimé est toujours posé sur le bord gauche de mon clavier. Je vais le replacer entre mes lèvres, prendre une gorgée de jus d’orange, avaler le tout. Le pour l’emporte… pour aujourd’hui.

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