« Que nul n’entre ici s’il n’est révolté »

Texte et dessin de Gaelle Bourrasque

Nombre de mots : 850
Temps de lecture : 3 mins

Que se passe-t-il réellement depuis le 31 mars ? Eh bien, le temps s’est rouvert. Nous ne sommes pas passés en avril non, mars s’étire pour nous donner le temps : 32 mars, 33 mars, 34 mars…

Oui il y a eu des violences policières, non l’occupation de la place de la république à paris est belle et bien légale, après trois jours d’interventions illégales de la part des CRS la mairie de paris a du reconnaître à contre coeur  que l’action a bel et bien été déclarée en préfecture et acceptée ; que penser d’institutions qui ne respectent même pas leur propres procédures ?

Oui ce qui se passe est multiple et constructif et va bien au-dela d’un simple coup de gueule contre la loi travail. Malgré les mensonges et le silence des médias, malgré la pluie, le froid, la fin de la trêve hivernale, la menace des boucliers et des flashballs, malgré les sujets désastreux en cours de discussion à l’assemblée, malgré l’état d’urgence, malgré la violence de groupuscules fascistes qui tentent de se payer une part du gateau, malgré l’actualité internationale terrifiante… Oui malgré tout ceci, c’est le printemps. Des mondes s’écroulent, et à travers les carnages, d’autres plus résilients tentent de se lever.

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 Toi, moi, nous tous ensemble sommes maîtres de nos vies. Toi, moi, nous tous ensemble, nous n’avons pas peur des institutions, car elles ne sont plus « notres » : ce sont elles qui tremblent. Et elles ne tremblent pas sous nos menaces, non, elles tremblent sous notre indifférence. Car sans notre soumission passive, sans notre accord tacite, elles ne peuvent fonctionner. Un monarque ne peut régner sur un peuple qui refuse de prononcer son nom. Un gouvernement ne peut gouverner un pays qui réinvente ses propres systèmes de gouvernance.

Ce qui se passe en ce 34 mars 2016, place de la république à Paris, mais aussi à Limoges, à Nîmes, à Lyon et partout ailleurs en france, n’est que la résurgence visible des bourgeonnements expérimentaux qui sont mis en application depuis plusieurs années. La révolution fructifie, car la révolution a été semée, testée, abreuvée par des centaines d’initiatives, de mouvements, de luttes.

Une seule chose est sûre, c’est que la jungle politique, économique et sociale actuelle est moribonde, et que son vernis est en train de craquer pour laisser sortir de nouvelles pousses vigoureuses. Dans la joie, dans la colère, saines et puissantes, dans le tissu solide et résilient des luttes croisées, grâce aux sèves idéologiques que charrient les internets, grâce à l’Empowerment individuel. Grâce à la conviction puissante que toi, moi, nous, n’avons d’autre choix pour survivre que d’inventer nos propres mondes, de réconcilier l’utilisation des outils technologiques actuels avec les limites de nos environnements, de couper le cordon empoisonné et coercitifs d’institutions trop lointaines, aux préoccupations déconnectées de nos réalités, pour fabriquer nos paradigmes, nos cadres, nos vies en adéquation avec nos rêves.

Un nouveau pas a été franchi : assez de revendications, assez de négociations, nous en avons assez de critiquer l’action de ceux qui se prétendent légitimes pour nous gouverner, de leur faire des propositions, des demandes, comme s’il nous fallait encore nous plier à leur « autorité », accepter d’entrer par en bas dans leur pyramide hiérarchique. Nous avons essayé, cela ne fonctionne pas. La meilleure alternative, c’est de leur tourner le dos : de se souvenir que nos vies nous appartiennent, à nous. Que nous nous sentons exister dans nos tripes, et non parce que nous possédons un bout de plastique avec un tampon et une photo. Que les frontières sont des traits sur des cartes, alors que nos chemins sont tracés par nos pas, en mettant un pied devant l’autre. Que pour être capables, pour agir, il suffit d’oser le faire, et que nul n’a la légitimité de nous « donner la permission » de le faire.

Ainsi, nous nous rassemblons, nous discutons, nous inventons et mettons en place de nouvelles manières de vivre ensemble, avec tous ceux qui le veulent, tandis que les coquilles vides et lourdes d’institutions dépassées n’auront d’autre choix, si elles le peuvent, que de se déconstruire pour reconstruire avec nous, et si elles n’en sont pas capables, de s’écrouler tranquillement dans notre dos.

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Pour aller plus loin :

 

Quelques sources plus techniques pour contrebalancer la merde relayée par la plupart des médias :

 

Pour aller plus loin sur Pimentduchaos :

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