Les vieux, ces cons.

On accueille un nouvel auteur sur Piment du chaos : Sybil. Son premier article, que voici, est d’une qualité hors du commun. Je vous laisse l’apprécier.

1850 mots
Temps de lecture : 10 min

1968, les CSP++ du pré-web se révoltent. A l’époque dévoreurs de vinyles, démembreurs de pavés, enrobés d’écharpes, les voilà qui apparaissent aujourd’hui sur les photos délavées comme les bourreaux de notre futur.

Oui, je leur en veux. Leur héritage empoisonné aurait pu être évité. Chaque jour qui passe nous révèle le prix à payer pour leur aveuglement borné.

Sans arrêt, les représentants de cette génération (parents, politiques, patrons, syndicalistes …) nous abreuvent de lieux communs sur les jeunes et sur eux-mêmes. Brisons leurs mythes à coups de barre à haine. Pour les faits, les preuves, la réflexion et la mesure, rabattez vous sur les sources.

Mettons nous d’accord. Lorsque j’écris vieux, j’entends “baby boomer”[1], au pouvoir aujourd’hui. Les jeunes seront la fameuse “génération Y”[2]  qui “s’intègre” dans le monde du travail.

Old-economy Steve sera votre guide. Bonjour Steve… Et va te faire voir Steve.

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Devient propriétaire à 22 ans – dit à la génération de ses enfants qu’elle est chanceuse parce qu’elle peut acheter des smartphones à 200$

Commençons par le poncif classique …

 

“On ne savait pas”

Lu et relu, entendu et ressassé, cet argument massue s’abat sur toute analyse des années 1960-1980, justifiant des choix aux conséquences merdiques. En économie, écologie ou politique, les décisions égoïstes et court-termistes d’une génération surconsommatrice ne sont en aucun cas justifiables par une soi-disant ignorance scientifique propre à ces décennies.

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Booste le déficit pendant 30 ans – refile la facture à ses enfants

L’amiante par exemple. Catastrophe écologique et sanitaire dont on estime le nombre de victimes aux États Unis à plus de 100 000[3], dont les coûts sont aujourd’hui portés par les jeunes[4]. On s’excuse désormais en arguant de la méconnaissance des effets délétères du produit. De qui se moque-t-on ? Sans parler des études du XIXième siècle, peu diffusées, on peut s’étonner qu’à l’époque personne n’ait jamais entendu parler des études commanditées par leurs propres parlements [5].

Autre sujet brûlant : l’énergie et ses centrales nucléaires mythifiées, ziggourats dédiés au dieu atome, dites immortelles et infaillibles[6], mais qui pourtant périssent [7] sans que nous sachions les démonter et à peine les arrêter. Ou encore le pétrole et la course à la croissance divine. Que ce soit la révolution verte, l’électricité gratuite ou le plastique, tous impactent nos vies actuelles. Résumé de leurs conséquences : “Quelques années de jouissance pour nous, une vie en enfer pour eux”. On y retrouve ma haine patiemment remâchée : en ces anciennes époques de croissance, de plein emploi et autres chimères[8], pourquoi se poser la moindre question? Tout allait bien, tout ne pouvait être que progrès, avancée, percée. Rien n’avait d’impact, aucune conséquence, pas de prix à payer. Euphorie sous médicaments, drogués au bonheur artificiel.

Aujourd’hui, le regard plongeant dans le gouffre de leurs choix de sociétés, confrontés a d’inéluctables crises [9]; ils déclarent, la main au coeur, qu’ils n’avaient aucune idée de ce qui allait se passer. Bande d’hypocrites, de menteurs, vous saviez ! Du Club de Rome[10] et de son rapport sur “Les limites de la croissance” au pillage généralisé de l’Afrique, tout était sous leurs yeux, clair, diffusé, discuté. Mais c’est vrai, ils étaient trop occupés à manifester pour sauver l’école privée [11] ou à danser sur Claude François.

Niveau politique intérieure, c’était pas brillant non plus. Construire des autoroutes pendant 30 ans[12], saloper les sols, parier sur le diesel n’était peut-être pas le meilleur moyen de préparer le futur. Même ce con[13] de Friedman tirait la sonnette d’alarme[14]. Valait mieux se masturber sur ces @#$% de Trente Glorieuses. Se tripoter rend bien aveugle puisqu’ils ne purent voir que la croissance, c’est fini, mort, enterrée six pieds sous les couches de nitrates qu’ils ont joyeusement déposées. Ils achetaient plutôt des aspirateurs et machine à laver en imaginant que 6% de croissance était la norme.

A chacun sa maison, sa voiture, son chien et tant pis pour demain.

 

“Les jeunes, quels flemmards !  De mon temps …”

Ah cette douce rengaine ! Des chansons[15] aux articles de journaux[16], on nous la chie par tous les pores. Encore, toujours, sans fin, sur tout. Bien sur que nous pourrions trouver un emploi en un jour, bien sur qu’acheter une maison demande juste un peu d’organisation, qu’avoir des enfants est simplement une question de maturité, bien sur … lorsqu’on vit encore en #@&% de 1970.

Nos parents étaient Gaston Lagaffe. Un peu paumés, pas méchants, avec un job. Ils nous imaginent ainsi, fidèles avatars de leur propre jeunesse perdue, des mini-eux qui vivent les mêmes embûches et traversent les mêmes épreuves. Non. Nous, nous portons juste une haine intense, dépitée, impuissante, névrosée. Une impuissance qu’on nous a patiemment appris à diriger contre nous-mêmes, qui dévore notre confiance, qui mine nos initiatives, qui tue toute implication. Car si nous ne pouvons reproduire leurs inaccessibles modèles, nous échouons.

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Vous dit de trouver un boulot – n’a pas eu a en chercher un en 40 ans.

Nous ne sommes pas de leur époque. Ils n’ont pas besoin de weed pour être paumés. Perdus dans un monde immense, la rupture se reproduit encore et toujours, d’une génération à l’autre. Tout va si vite et ils sont tellement à la traîne.

Réalisent-ils que leurs combats ont crée des monstres ? Miracle de la fac’ pour tous (échec inclus) et d’internet, leur culture s’étiole face à l’information qui se déverse à chaque instant[17].

A l’époque on lisait Zola ou un livre un peu spécifique et nous voilà intellectuel, supérieur. Comment accepter qu’un gamin zonant sur internet trouvera des info’ plus précises que celles des quotidiens. Comment imaginer que sans lire l’atlas de l’état du Hatay on puisse connaître la situation au jour le jour de la lutte dans les montagne syriennes au travers des tweets du maire d’un village local.

Fini le temps de l’ignorance. Les sujets d’intérêts ont changé. Plus personne n’en a rien à foutre de connaître les numéros des départements ou cette dernière date automasturbatoire marquant une énième défaite humiliante du mythe militaire français. Alors “c’est la fin”, “le niveau s’écroule”, “la faculté ne sert à rien”.

On apprend aux élèves à se haïr. On crée des monstres trop bons, trop forts, trop autonomes. Apprendre comment sauver le monde et créer des sabres lasers pour servir d’esclaves assujettis à un vieux sénile, inutile et incompétent. Un vieux qui ne s’est jamais mis à jour. Qui pense naïvement que les méthodes qu’on lui a enseigné il y a 35 ans sont toujours d’actualité.

Hélas, les mythes les aveuglent. Ils s’imaginent que leur niveau est exceptionnel. Quelques chiffres : en 1965 ils etaient 100 000 a tenter le BAC (60 000 à l’avoir).  En 2013, il y a eu 82 000 élèves acceptés en prépa’ [18].

MAIS MAIS MAIS … en fait les vieux sont ignorants et n’ont même pas le BAC ! Est-ce que ces admissibles de l’époque sont meilleurs que les élèves qui finissent en prepa’ ? [19]

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Tape avec un doigt au clavier – touche un salaire à 6 chiffres

Et avez-vous ouvert leurs anciens livres de cours ? Quel foutage de gueule. Un simple parcours de vieux livres de math’ révèle l’incompétence latente de leur savoir : que du par coeur, aucune démonstration, aucune capacité à inventer, à improviser, à produire une réflexion autonome.

Effectivement il leur fallait être capable de vomir l’intégralité des formules de trigonométrie. Leur petit coeur a dû se fissurer lorsqu’ils ont réalisé que cette connaissance difficilement ingurgitée était reproduite par un petit objet composé de cuivre et plastique. Mettez les donc devant devant un petit sujet d’arithmétique, qu’on rigole. Zéro capacité d’abstraction, aucune adaptabilité. Destines à être largués. On voit le résultat[20].

Revenons aux monstres. Aujourd’hui, il y a 500000 bacheliers par an. P’être en galère, p’être qu’ils en chient (mais aux moins eux ils baragouinent 3 langues, arabe[21], français et anglais). Tant d’adultes formés pour être critiques, capables de se renseigner par eux même et surtout de voir le fist qu’on leur met. Qui réalisent une fois sorti de l’école a quel point on leur a menti. Que leurs belles notes ne les mènent qu’à la misère. Que le magnifique monde du travail n’est composé que de larves molles qui se cachent au fond de placards puants en attendant la retraite; des vieux qui mettent un jour entier à écrire un mail, qui citent leur expérience datant de 1980 pour expliquer leurs méthodes désuètes; qui s’imaginaient que travailler 40h c’était la fin du monde lorsqu’une semaine en fait facile 45 …  les 35h, mais bien sur, quel magnifique surnom pour heures supplémentaires non déclarées.

A entendre les vieux, ils étaient ouvriers, paysans, on les conduisait a la mort. D’où la fameuse :

 

“On a mérité nos acquis”

Une trahison de plus, mon derrière a perdu le compte. Ils se plaignent, sans arrêt, leur travail était dur, leur vie était difficile, ils en ont bavé pour payer la maison, etc.  Les fils de pute. Ils ont sûrement raison, ouvrier ou paysans sont des métiers difficiles. Comme si aujourd’hui tout le monde était cadre ….

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“Avec mon premier boulot, je ne gagnais que 15K$ par an” … en 1979 c’était l’équivalent de 47K$

Car de nos jours, qui a pu rester dans sa ville pour travailler ? Qui ne s’est pas retrouvé à déménager régulièrement, poussé par cette flexibilité écrasante que les vieux appellent de leurs voeux sans l’avoir jamais vécue ?

Qui n’a dégoté qu’un temps partiel en CDD, juste suffisant pour survivre, ne rien pouvoir planifier et surtout rien rêver?

Cet état permanent d’anxiété, d’instabilité, rempli de zones creuses ou l’ego se fait gentiment pilonner par Paul Emploi, est-il sain ?

Qui n’a pas du enchaîner les stages pour y travailler comme un employé sans le salaire ? Sans même en arriver aux gens qui travaillent dans les énormes centres d’Amazon, aux horaires complètement déconstruits, aux 3×8 sans les pauses.

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A manifesté pour les droits sociaux – n’engage que des stagiaires impayés

A l’époque les droits sociaux avancent. Ne mentons pas. En 1970, nous n’étions plus a Germinal. Les syndicats d’alors ne sont aujourd’hui que de vagues épouvantails inutiles, tout juste bon à ratifier la prostitution de l’employé ou à sauvegarder les droits des retraités.

Mais voila, mai 68. Ce putain de mai 68. Cette chienne de date. Je la hais. L’histoire écrite par les vainqueurs, la révolution du genre humain. Attention, bon valable pour une seule génération. Les enfants, ils pourront s’asseoir dessus. Autant que cela ne serve que nous, ils n’auront rien. Ils ont écouté du rock, quels rebelz … Le jour où ils devinrent manager, où la promotion arriva, ils se torchèrent avec leurs principes et nous mirent leurs deux poings dans le -bip-[22]. 68, l’excuse de la lutte, l’aveu du renoncement. Au final, ils trahirent leurs idées, abandonnèrent leurs causes, renoncèrent aux luttes. Peu à peu, leurs avancées furent rognées et ils regardèrent avec le sourire. Cela ne les concernait plus.

 

Ça ne peut pas continuer

Car non content de nous avoir foutu dans la merde, voila qu’ils se mêlent de tout lorsqu’il s’agit de trouver des solutions, à condition surtout qu’on ne vienne pas s’en prendre aux causes réelles de ce monde pourri : leurs putains de privilèges lentement amassé sur le dos des pauvres, des étrangers, des Africains, des Asiatiques, bref leur saloperie de richesses dont on a certes profité étant gamins, mais dont on doit maintenant payer les arriérés.

Plus d’impôts pour payer la retraite ? Mais surtout pas d’immigrés pour compenser le déficit démographique. Plus d’années de cotisation pour la retraite ? Évidemment ! Eux ont déjà la leur, et une bien confortable, un joli tapis d’euros confortés par les niches fiscales consenties depuis trois décennies.

Alors tout est perdu ? Non, cette haine, cette rage, au moins elles nous empêchent d’adhérer a leur système d’oligarques toute juste bons a crever de cholestérol. Tous pourris ? Oh non, reconnaissons leur cela : beaucoup croient sincèrement à leur monde suranné. Pour être cynique, il faut être lucide, et ça leur ferait bien trop mal.

Pas tous pourris, mais tous périmés. Oh oui. Ils ont 30 ans de retard. Pas nous.

 

Merci à Umberto KO pour la participation et à Zerh pour l’hospitalité.


Références

[1] – Hogan, Perez, and Bell, 2008, “Who (Really) Are the First Baby Boomers?” American Statistical Association

[2] PwC, University of Southern California, London Business School, 2013, “PwC’s NextGen: A global generational study”

[3] Dr. William J. Nicholson PhD*, George Perkel MA and Irving J. Selikoff MD, “Occupational exposure to asbestos: Population at risk and projected mortality-1980–2030”

[4] Cours des comptes, 2011, “Le campus de jussieu, les dérives d’une réhabilitation” On est passé d’un coût de 183 millions d’euros à celui de 1850 millions, 1000% d’augmentation et ce ne sont pas les retraités qui vont payer …

[5] Merewether, Medical Inspector of Factories, 1930, “Effects of asbestos dust”

[6] Chexal, Horowitz, Dooley, Electric Power Research Inst, 1998, Flow-accelerated corrosion in power plants

[7] ASN, Avis d’incidents des installations nucléaires

[8] INSEE, Evolution du PIB – INSEE, Chômage 1975-2012

[9] Blog Interactu du Monde, Faut-il prendre l’effondrement au sérieux ?
Jared M. Diamond, 2005, Collapse:_How_Societies_Choose_to_Fail_or_Succeed

[10] Club de Rome, 1972, Rapport sur les limites de la croissance

[11] Le figaro, Le 24 juin 1984, le jour où la droite a pris la Bastille

[12] Direction de l’information légale et administrative, 2006, Les plans de la reconstruction : 1946-1961

[13] Orlando Letelier – diplomate chilien, The Nation, 1976, « The Chicago Boys in Chile: Economic Freedom’s Awfull Toll »

[14] Milton Friedman, American Economic Review, 1968, The role of Monetary policy

[15] Les Enfoirés, 2015, Toute la vie

[16] Madame Le Figaro, 2015, Le stagiaire roi, ce monstre de la génération Y

[17] Kery James, 2012, Lettre à la République

[18] Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (Education Nationale), 2008, Le bac a 200 ans

[19] Wikipedia, Classe Préparatoires aux grandes écoles

[20] Revue Ballast, Entretien avec Franck Lepage : “Je trouve très éclairante la statistique selon laquelle un bachelier d’aujourd’hui a le niveau d’instruction d’un ingénieur de 1953”

[21] Monde diplomatique, 2012,  L’arabe, une « langue de France » sacrifiée : Avec quatre millions de locuteurs, l’arabe est la deuxième langue la plus parlée sur le territoire français”

[22] Direction des Études et Synthèses Économiques (INSEE), 2011, Les inégalités entre générations depuis le baby-boom

Pour aller plus loin :

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17 Commentaires

  1. Publié le octobre 27, 2015 à 11:06 | Permalien

    Hé bien, que de haine.
    Mais ne t’inquiète pas, la génération suivante aura autant de haine pour la notre que toi pour celle d’avant.
    Leur mai 68 sera pour eux, l’été 2015, le jour où personne n’a bougé pour protester contre la loi renseignement.

    • Geraldine
      Publié le octobre 29, 2015 à 12:26 | Permalien

      Quand un jeune dit à une generation de vieux egocentriques (notoires, c’est pas l’auteure qui invente non plus hein) qu’ils se trompent et qu’ils jugent la nouvelle generation sans savoir ni comprendre, c’est de la haine?
      Quand un vieux traite un jeune de faineant (alors qu’il galere et angoisse de ne pas trouver du boulot dans cet heritage pourri), ça par contre, c’est pas de la haine? Non, bien sur que non, puisque c’est l’expression verbale de gens à privileges (sociaux, financiers… de quoi dominer peinard puisque c’est a peu pres le but des gens de la generation precedente. Comment ca qu’est-ce que je raconte? C’est pas moi qui l’ai dit que sans rolex a 50 ans on a raté sa vie… Tout un symbole).

      Bref. Ceux qui n’ont pas encore remarqué qu il a uen generation de gros egocentriques decomplexés, la generation de nos parents, c’est que vous avez du caca lacanien dans les yeux.

      • looping
        Publié le octobre 29, 2015 à 5:43 | Permalien

        As-tu lu le même texte que moi Géraldine ?
        « Brisons leurs mythes à coups de barre à haine. […] On y retrouve ma haine patiemment remâchée […] Nous, nous portons juste une haine intense, dépitée, impuissante, névrosée. […] Non, cette haine, cette rage, au moins elles nous empêchent d’adhérer a leur système d’oligarques toute juste bons a crever de cholestérol. »
        Pas de haine là dedans ???

        Que la génération de nos parents ne nous comprenne pas c’est fort possible, mais encore une fois c’est un schéma qui se reproduit de génération en génération… Peux-tu me dire en quoi cette génération est plus « égocentrique » que toutes celles qui l’ont précédée ? C’est une vraie question, j’essaye vraiment de comprendre ton point de vue.

  2. Mycroft
    Publié le octobre 27, 2015 à 12:53 | Permalien

    Que de préjugé. Et que de prétention aussi, d’ailleurs.

    Ayant toujours été premier face à tous ceux que j’ai côtoyé dans ma scolarité, j’ai rarement eu l’impression que notre génération était meilleurs que celle qui nous précédait. Bien au contraire, les capacités de mes contemporains semblent se limiter vachement à du bachotage. Ce qui fait qu’ils se retrouvent irrémédiablement à devoir choisir entre travailler comme des fous ou échouer lamentablement. Parce qu’ils sont incapables de réfléchir logiquement. Le nombre de mes collègues de lycée incapable de comprendre une récurrence ou un raisonnement par l’absurde me fait peur. Et ce sont des bases du raisonnement logique.

    Comparer le bac de 65 avec le bac de maintenant (et surtout le faire en population brute plutôt qu’en pourcentage) c’est complètement biaisé. Le bac, de nos jour, est donné. Je n’ai pas eu à faire le moindre effort pour l’avoir. Et je ne connais pas un seul individus ayant les capacité nécessaire pour effectuer un travail intellectuel qui ai eu du mal à avoir son bac dans les années 2000. Prétendre qu’on ait plus brillant ou autonome que nos ainés, c’est de la prétention stupide. Le programme est plus chargé qu’à l’époque, c’est vrai, mais le niveau de maitrise de ce programme est ridiculement faible. Il suffit de voir le scandale de l’épreuve de mathématique du bac 2014, avec cette sois-disante épreuve « trop difficile ». Parce qu’elle demandais d’aller (légèrement) au delà du bachotage.

    Quand au niveau en classe préparatoire, il a été largement dévalué par l’explosion du nombre d’école privée, facilement accessible pour peu qu’on paye pour son diplôme. La difficulté d’accès aux grandes écoles publiques française (celles qui coutent le même prix que la fac) n’a pas changé, mais le nombre de personne qui s’y rend, en pourcentage, n’a pas particulièrement augmenté (ces écoles sont anciennes et le nombre d’élève par promo n’a pas explosé). En prime, parler de prépa en mettant sur le même plan les prépas scientifiques (MP, PC, PSI, PT) avec les prépa économique qui ne mènent qu’à des pseudo-école réservé à la bourgeoisie et dans laquelle la sélection se fait par l’argent et non par les capacité est hypocrite (et c’est un argument souvent utilisé par ceux qui crachent sur les CPGE).

    Oui, en effet, réussir ses études ne donne plus assez de prestige. La faute au service RH et autre absurdité qui pensent mieux évaluer les gens en 2h d’entretien que le système scolaire dans son ensemble le fait en plus de 20 ans. La faute aussi à la gestion de la faculté (et notamment aux syndicat étudiants) qui s’opposent à l’idée que notre génération n’est pas particulièrement brillante et que les seuls diplômes qui ont de la valeur sont ceux qui écrèment.

    Oui, il y a des vieux con qui sont à des postes d’influence et qui parasitent les boites. Mais les jeunes cons, filsapapa sont légions aussi, et ne sont pas moins nuisibles. Les administrations publiques ou privée ne sont pas remplies de vieux. Les jeunes managers issus d’école de commerce avec des dents à rayer le parqué et des capacité intellectuelles proche de celle de l’huitre, on en voit, et pas qu’un peu. Si on regarde par exemple le milieux du journalisme télé, les jeunes sont aussi consternant que les vieux.

    Quand au fait qu’on serait plus en phase avec internet désormais, c’est oublier qu’internet, c’est toute la sagesse et toute la bêtise du monde concentrée en un point. Nous nous reposons sur cet outil, nous en sommes dépendant. C’est tout à fait logique vu sa puissance. Mais ses failles sont nombreuses.

    Oui, la chute de l’URSS nous prive d’un moyen d’effrayer ceux qui dominent la société (ie les capitalistes). Oui, c’est cette peur qui a permis l’apparition d’avantage sociaux et oui, nos parents n’ont pas profité de cette fenêtre de tir pour purifier la société. Oui, en ce sens, ils sont responsables de la situation. Et oui, nous en sommes réduit à espérer que la 3ème finisse comme la 2ème si nous voulons remettre les dynasties capitalistes à leur place (et ce coup si, il faudra se montrer moins complaisant, quitte à ce que les temps à suivre soit plus difficiles).

    Mais ils ont raison de dire qu’on ne lutte pas non plus le moins du monde. Mai 68 était peut être une farce, mais une farce qui a fait illusion. Nous ne faisons même pas illusion. Nous fuyons, chacun de notre coté ou en petit groupe, nous laissons la société sombrer dans la décadence, quand, eux, ont eu l’intelligence de s’unir. La France est faible, elle ne l’était pas de leur temps. Et c’est aussi parce que nous ne faisons rien pour l’aider à se renforcer. Les capitalistes ont bien réussi à supprimer toutes forme de patriotisme. Plus personne ne va accorder la moindre valeur aux paroles de Kenedy : « demandez ce que vous pouvez faire pour l’état, pas ce que l’état peut faire pour vous ».

    Nous transférons aussi le problème aux générations suivantes et nous exploitons aussi l’Afrique. Nos portables qu’on nous reproche tant, ils sont remplis de sang. Nos vêtement aussi. Nous ne sommes pas près à faire les sacrifices nécessaires. Alors nous sommes mal placés pour leur reprocher de ne pas les avoir fait.

    Et n’oublions pas que les technologies qu’ils nous envient, celles qu’ils n’avaient pas dans leur jeune temps, c’est justement celles qu’ils ont fait émergé. Ils n’y seraient pas arrivé s’ils étaient aussi nul que ça. Mais c’est vrai qu’à leur époque, les nuls n’avaient pas autant de pouvoir que maintenant.

    • Hugues visage pâle
      Publié le octobre 28, 2015 à 3:37 | Permalien

      Pouvez vous préciser et articuler votre pensée, de manière concise et comportant des sources (si possibles contredisant ce qu’avance l’auteur et que vous critiquez) et pas seulement un vague ressenti personnel ou de gens que vous connaissez ?

      Sinon votre introduction : « que de prétention » -> « Ayant toujours été premier face à tous ceux que j’ai côtoyé dans ma scolarité[…] » m’a arraché un sourire

      • Mycroft
        Publié le novembre 2, 2015 à 5:05 | Permalien

        Je ne rédige pas un article. Donc je ne considère pas avoir la charge de preuve.

        Les sources de l’article, sur les sujets auquel je m’oppose (à savoir, la prétendue supériorité des X face aux générations précédentes) , sont assez faibles. On ne parle que du témoignage d’une personne, résolument opposée à l’éducation française. Les nombreux témoignages de prof dans mon entourages sur le niveau qui baisse dramatiquement me poussent à trouver les déclaration (non sourcées, elles) de cette personne assez peu convaincantes. Taper « niveau des élèves baisse » dans google pour avoir des sources, elles ne manquent pas. Je ne connais pas de professeur ayant connu les générations précédentes qui n’affirment pas que le niveau baisse (et pourtant je connais un panel assez large de professeur). Et je conteste aussi le fait qu’on prétende que le niveau s’améliore parce que plus d’élève ont le diplôme ou parce que les programmes sont plus chargés. Tout simplement parce que l’important, c’est la maitrise des sujet, la capacité à comprendre complètement les choses. Et que ça, très peu de diplôme le testent.

        Enfin, il n’y a nul prétention à affirmer un fait. Je ne prétend pas, comme le fait l’auteur, être meilleurs que des personnes que je n’ai jamais battu d’une façon ou d’une autre. Il est factuel de dire que j’ai été premier de ma classe pendant presque toute ma scolarité. Aucun fait ne permet à l’auteur de se prétendre meilleurs que les gens des générations précédentes.

  3. Pouet
    Publié le octobre 27, 2015 à 3:43 | Permalien

    « les seuls diplômes qui ont de la valeur sont ceux qui écrèment. »

    Les diplômes qui écrèment sont ceux des grandes écoles généralistes, auxquelles les étudiants accèdent après avoir bachoté en prépa, ces si fameuses prépa qui favorisent les la mémoire face à l’intelligence.
    Puis, ces « grandes » écoles transforment ces têtes mal pleines en une élite prétentieuse de singes savants tout juste capables d’ingurgiter de grandes quantités d’informations et de les recracher sans les comprendre, avec un aplomb incroyable. Singes savants qui s’en iront ensuite, par effet de réseau, noyauter un peu plus les strates décisionnelles de la société française.

    Vous seriez surpris, si vous les aviez pour élèves, de voir comme ils s’effondrent, dès lors qu’on les place face à des problèmes dont ils n’ont pas appris la solution/le schéma par cœur. Cela dit, ils ne sont décontenancés que l’espace d’un instant seulement, puisque leur formation leur apprend à rebondir en toutes circonstances et que leur égo, s’il était un combustible, résoudrait toutes les crises énergétiques à venir.

    • Mycroft
      Publié le novembre 2, 2015 à 4:43 | Permalien

      Je fais parti de ces gens, je les ai eu comme élève pendant ma thèse, je les ai comme collègue actuellement. Et loin de nous effondrer, nous trouvons les réponses et les solutions aux problèmes techniques auquel nous faisons face. La plus part des critiques portées contre les vraies grandes écoles française (ENS, Polytechnique, Dans une moindre mesure Central ou Mine) sont porté sous le coup de la jalousie plus que suite à une analyse réfléchie.

      On ne peut réussir un concours du niveau de l’épreuve de math de normal sup ou des mines en apprenant par cœur les choses. Il faut effectivement comprendre les choses pour s’en sortir. Ceux qui bachotent ne vont pas loin en prépa. Souvent finissent ils par intégrer les écoles payantes. La prépa, c’est massivement des maths, ça tout le monde le sait. Et la mémoire n’est pas très utile en math. C’est probablement le domaine ou elle sert le moins. Ce qui sert avant tout, c’est l’imagination et la capacité à raisonner logiquement.

      Après, évidement, il est difficile de sourcer de manière fiable une telle affirmation. Déjà parce que le seul domaine susceptible de parler d’un tel sujet est la sociologie et que c’est plus une pseudo science qu’autre chose. Ensuite parce que la définition du bachotage n’est absolument pas objective, de même que la notion de tête bien pleine et de tête bien faite. Si vous voulez absolument des sources sur les capacités nécessaire pour réussir en prépa, il y a éventuellement ce lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maturit%C3%A9_math%C3%A9matique

      Vous remarquerez qu’il dit comme moi que la mémorisation n’est pas une qualité nécessaire pour être un mathématicien correcte. Et le poids des math dans les CPGE est tel qu’il est impossible de s’en sortir sans avoir un niveau correct en mathématique.

      Une chose est sure : le niveau de nos mathématicien est bon. Et en règle général, nos scientifiques ont de bon résultats tant que leur recherche ne nécessite pas de moyen (ie en informatique ou en mathématique). Les informaticiens français n’ont pas de mal à trouver du travail, même hors de France.

      Autre fait : c’est justement à l’époque où les gens sortant d’école d’ingénieur avait un pouvoir conséquent dans les industries française (scoop, ce n’est plus le cas aujourd’hui, le pouvoir est noyauté par les politiciens issues d’école de commerce et les décisions des techniques sont systématiquement déconstruite par les administrations diverses et variées) que la France était à son apogée.

  4. Austin Powers
    Publié le octobre 27, 2015 à 5:12 | Permalien

    Oh làlà tout est mélangé dans ce texte !

    Mai 68 a eu lieu :
    – par les étudiants conte un gouvernement sur-autoritaire
    – par les employés contre un capitalisme omnipotent
    Oh wait ! j’ai l’impression que ça recommence…

    Il y a eu augmentation des reçus au bac et des entrées en enseignement supérieur : plein de diplômes mais il ne fallait pas attendre autant d’emplois qualifiés bien payés.
    Il y avait du travail pour tous, mais du coup on bossait et on n’avait de smartphone ni d’internet.
    Coté écologie : on testé pour vous : tabac, alcool, tuyaux de plomb, amiante, diesel, viande rouge, etc… La planète est polluée, mais maintenant vous savez ce qu’il faudrait faire ou non pour la conserver (attention aux métaux rares des smartphones en Chine, ça va polluer grave !).
    Le XIX° siècle avait déjà produit la silicose en exploitant le charbon et les mineurs, et avant c’était la peste, le choléra, la tuberculose, les denrée avariées, les fumées d’usine… . La durée de vie de votre génération est passée de 65 à 90 ans et pas seulement grâce à la médecine. C’est pas rien.

    Depuis 2000, soit bien 30 ans après 68, les effets sont caducs. Comme en 1936, et en 1968, tous les 30 ans, il faut refaire une nouvelle révolution. Et les seuls révolutionnaires actuels sont les jihadistes qui partent en Syrie, ce qui ne va pas arranger la situation.

    Signé : un vieux con anar qui ne va pas refaire une révolution à votre place et qui va toucher une retraite de misère après avoir cotisé plein pot.

    • Mycroft
      Publié le novembre 2, 2015 à 5:21 | Permalien

      Vous n’avez pas fait la révolution en 68 !
      Si vous aviez eu ce courage, on en serait peut être pas là. Mai 68 n’a quasiment fait aucun mort et a surtout prouvé au patronat que vous acheter ne coutait pas grand chose.

      En prime, ils vous ont achetés, non pas avec leur argent, mais avec le notre, puisqu’ils l’ont fait en générant au passage une dette qui retombe sur nos épaules. En ce sens, l’article a raison de dire que vous avez sacrément merdé (sur le plan politique du moins, les scientifiques de votre génération ont bien bossé sur le plan technique).

      Vous aviez pourtant, à l’époque, l’avantage d’avoir un monde dans lequel il existait un pays puissant et en opposition directe avec les capitalistes occidentaux. Ce qui permettait à des révolutions locales de ne pas finir immédiatement étouffée dans l’œuf. Si mai 68 ou 1936 ont été possible, c’est grâce à 1917. C’est la peur du communisme qui a poussé le patronat à céder. Pas la peur de la rue, qu’ils auraient facilement pu mater s’ils n’avaient pas eu peur de l’intervention de l’URSS.

      Aujourd’hui, un mai 68 se finira sans aucun doute comme n’importe quel manifestation (ie, ça ne changera rien) et une vraie révolution finira comme en Égypte, avec un général qui prendra le contrôle du pays pour « rétablir l’ordre ». L’absence d’opposition politique majeur aux capitalistes (par opposition politique majeur, j’entends disposant d’une force militaire conséquente) fait que les révolutionnaires n’auront aucun soutient face à l’armée. Et l’armée est choyée par les capitalistes, donc elle restera dans leur camps.

      Ne confondez pas votre époque avec la notre. Vous aviez une fenêtre de tir pour purifier ce monde. Nous ne l’avons plus.

  5. looping
    Publié le octobre 28, 2015 à 1:50 | Permalien

    Je ne vois pas bien ou Sybil veut en venir. Cracher sur les vieux pourquoi pas, si ça défoule. Un article « hors du commun » parce qu’il va faire sursauter un ou deux quinqua ? Dans le même genre « Le pire est avenir » de Maïa Mazaurette avait au moins le mérite de pousser l’idée à fond et plaira sans doute aussi à ceux qui ont des comptes à régler avec la génération précédente.

    Par contre, Zerhariel m’avait habitué a un point de vue un peu décalé et à des arguments pertinents… et malheureusement je ne retrouve dans cet article qu’une enfilade de bile et de références creuses. La thèse stupide « tout est de la faute des baby-boomers » est démontée en un clin d’oeil, ça a d’ailleurs été fait dans les commentaires précédents.

    En gros, si beaucoup de mauvaises décisions ont été prises par des « baby boomers » (choix du nucléaire, consommation débridée, etc…), en quoi cette génération aurait elle plus de responsabilité que la précédente (qui avait a son actif la ségrégation, le colonialisme, deux guerres mondiales…) ou que toutes celles qui l’ont précédé ? Les vieux cons trouveront toujours les jeunes cons glandeurs et paresseux, et vice-versa, ça se constate de génération en génération. C’est agaçant mais autant en rire, tant qu’on a la possibilité de faire nos propres choix. Pourquoi jeter la pierre au baby boomers en particulier ?

    Pour situer, j’ai 31 ans et je constate que ma génération et la suivante ne font pas mieux pour redresser la barre (hello sur-consommation, gaz de schiste, racisme…). Pourtant nous avons aussi d’autre possibilité (transition, permaculture, circuits courts) que j’essaye d’explorer autant que possible. Où se situe l’auteur là dedans ?

    A très vite pour un article un peu plus pimenté…

  6. Geraldine
    Publié le octobre 29, 2015 à 12:14 | Permalien

    Parfait.
    J’aimerais bien entendre plus de monde tenir ce type de discours dans la vraie vie. En tout cas merci de publier ce genre de texte.

  7. Marie
    Publié le novembre 4, 2015 à 3:44 | Permalien

    Et ben, c’est la mode, dans la blogosphère, de se déculpabiliser (pas de souci là-dessus) en crachant toute sa frustration sur « les autres, tous ces cons » (là, je ne valide pas, désolée, ce n’est pas parce que quelqu’un -voire même toute une génération- n’est pas du même avis que vous, ou a fait des boulettes dans sa vie, que c’est un con fini, merci).
    Comme déjà dit dans les commentaires, tous les jeunes du monde (ou presque, en tous cas, tous ceux qui peuvent se le permettre) trouvent que leurs parents sont des vieux cons, à commencer – ironiquement, par la génération mai 68! Depuis, on a même trouvé un super nom psy pour ça, « la crise d’adolescence », ou ce moment où l’adulte en devenir s’oppose au modèle parental pour trouver sa propre identité, voie, voix… et devenir un « adulte » lui-même, qui élèvera ses enfants selon ses propres principes et valeurs, et se verra lui-même dépassé un jour, conspué pour ses erreurs, etc etc… C’est comme ça que se construit une société. On dépasse à chaque fois un peu plus les valeurs et comportements qui ne conviennent plus, en apprenant chaque fois un peu plus des errements passés (enfin, dans l’idéal :-D).
    Maintenant, les gars, si je puis me permettre, heureusement que mai 68 est passé par là quand même, qu’on a brûlé des soutifs et fait Woodstock, parce qu’on en profite quand même maintenant. Heureusement qu’on a essayé de promouvoir l’éducation pour tous, ce qui vous permet aujourd’hui d’avoir ces connaissances et cet esprit critique, heureusement que vos parents ont pu profiter des 30 glorieuses pour vous offrir une enfance au moins confortable matériellement qui vous a permis de consacrer beaucoup de votre énergie à cet apprentissage, et de subsister maintenant sans être obligé de pointer à l’usine pour gagner votre pain. Je m’arrête là, je vais passer pour une vieille conne 🙂
    Maintenant je comprends le point de vue, je trouve même cela très sain de dénoncer les aspects négatifs de la situation actuelle (qui, oui, bien sûr, est de la faute des générations précédentes, ça peut pas être les générations futures, hein! Remarquez ça pourrait aussi être la faute des juifs ou des plombiers polonais mais heureusement non :-D)… Ce qui me chagrine un peu c’est de voir toute cette belle énergie s’arrêter à la dénonciation – et virer même à la haine faute de s’épanouir dans une attitude plus constructive. Oui, c’est ok, le monde va mal (et encore, en France on s’en sort correctement, notez bien), mais alors, on fait quoi? On gueule sur Internet jusqu’à ce que mort s’ensuive? Allez les gars, poursuivez votre réflexion et proposez-nous des solutions, des actions à entreprendre, un monde meilleur à construire, faites-nous rêver, passons de la haine à la reconstruction!

    • Mycroft
      Publié le novembre 6, 2015 à 2:12 | Permalien

      Je veux bien défendre la génération passée sur ce qu’elle a fait de bien, mais là, vos arguments ne tiennent pas :

      « Heureusement qu’on a essayé de promouvoir l’éducation pour tous, ce qui vous permet aujourd’hui d’avoir ces connaissances et cet esprit critique » : l’éducation pour tous ne date pas de Mai 68. L’école obligatoire et gratuite pour tous, ça date d’avant. Et prétendre que Mai 68 a amélioré l’école, c’est très subjectif. Elle l’a rendu plus libéral, c’est indéniable. Reste à savoir si c’est positif.

      Et ne pas pointer à l’usine, c’est pas une gloire. Mieux vaut travailler à l’usine qu’encombrer les administration en ne faisant rien de productif. Quand on bosse dans un chantier, dans une usine, dans un champs, on est indiscutablement utile. Ce qui est essentiel pour pouvoir se regarder dans un miroir. La disparition de ce type de travaux n’est pas en soit un mal, mais il aurait fallu l’accompagner. Ce qui n’a pas du tout été fait.

      • Marie
        Publié le novembre 9, 2015 à 12:17 | Permalien

        Cher Mycroft,

        tout à fait d’accord avec vos arguments. Désolée si je me suis mal exprimée en ce qui concerne l’éducation, mon propos n’étais pas de l’attribuer exclusivement à « la génération mai 68 » (Salut Charlemagne;-D). Et je ne prétends pas non plus que ne pas pointer à l’usine soit une gloire, j’ai au contraire le plus grand respect pour tous les travailleurs qui triment pour gagner leur vie – et maintenir notre confort matériel – ouvriers, femmes de ménage, éboueurs et j’en oublie. Je pense juste que ceux qui peuvent se permettre d’éviter ce genre de travail épuisant et mal considéré en sont bien contents…

        • Marie
          Publié le novembre 9, 2015 à 12:24 | Permalien

          Au passage sur ce thème je me permets de recommander chaudement l’excellent film « Fatima » – un beau portrait de femme qui se bat avec ses (faibles) moyens pour assurer un meilleur avenir à ses enfants – qui ne la comprennent pas toujours non plus d’ailleurs 😉

  8. Malik
    Publié le novembre 12, 2015 à 1:11 | Permalien

    Rien que cette phrase aurait du faire tilter tout le monde depuis la nuit des temps: c’est aux plus vieux de donner l’exemple.

    C’est exactement comme les parents qui critiquent leurs propres enfants (c’est pas rare, je trouve). Comme si c’etait pas leurs enfants… Comme si l ‘education de leurs propres enfants n’avait rien a voir avec l’education donnée par les parents eux meme. J’ai envie de dire a tous les parents ceci: si votre gamin pose un probleme, dites vous bien que c’est en fait vous qui posez probleme. Au mieux vous avez innocement fait erreur en croyant avoir eduqué d’une certaine facon, mais au final uniquement dans leur imaginaire. Exemple, il y a des gens qui pensent qu’ils ont bien fait de frapper leur enfant croyant que la resultante est l’obeissance de celui ci. Or, si convaincus que soient les parents de la chose, frapper n’a jamais permi de faire obeir (sauf si votre but dans la vie c’est le terrorisme, evidemment la on ne peut plus rien pour vous).

    Par contre, une personne prend la peine d’ecrire ce texte, dont on comprend a merveille l’origine de son profond agacement et dont la reaction est parfaitement comprehensible: des gens qui en ont marre de se faire opprimer par des gens qui s’en donnent spontamenet le pouvoir en justifiant ca avec une mauvaise foi devastatrice… Bin la, t’as pas le droit. Y a que les vieux à pouvoir qui ont le droit d’etre agacés (ca ne leur suffit d’ailleurs pas, car si ils etaient juste agaces ils feraient moins chier). Non. Ils veulent continuer de dominer et continuer d’user de leurs privileges, convaincus que c’est la grande classe (idees capitalistes etant vehiculees partout depuis des decennies, a ceux qui ne reflechissent pas trop et ils sont nombreux).

    Bref, l’origine de tous les problemes du monde, c’est la connerie des puissants.
    Pas les jeunes, pas les gays, pas les noirs et les arabes, pas les juifs. Et toutes les autres minorités qui se font juger la face ou le cul.

    Voua-la.

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